GROSSESSE, POST-PARTUM ET PRISE DE POIDS

Dernière mise à jour : 20 juil. 2021


Ma meilleure amie m'a récemment partagé une percutante story Instagram de Manal Drissi au sujet de la grossophobie. C'était clair, brillant, bien articulé, absolument vrai et délicieusement confrontant. C'est ce qui m'a inspiré cette réflexion pour vous, chères nouvelles mamans!

Les mamas, de grâce, soyez douces avec vous-mêmes... Vous venez de créer un être humain (!). Avec votre utérus (!!!). Et cet être humain, aussi merveilleux soit-il, vous empêche probablement de dormir plus de quelques heures d'affilée, de prendre une douche, de faire à manger et/ou de manger (chaud), de sortir de la maison et j’en passe. Bref, vous avez très peu de temps pour vous, alors commencer à penser reprendre le sport et préparer des bons repas équilibrés... c'est vraiment difficile à concevoir.

Et puis il faut arrêter, collectivement, de penser qu’il n’y a que le sport et l’alimentation qui influencent le poids d’une personne. Rien ne pourrait être plus faux. Les facteurs sont nombreux et ont tous leur raison d’être :

  • Le sommeil a un impact majeur sur le métabolisme. Quand on devient maman, en général, on ne sait même plus ce que c’est, le sommeil!

  • Les hormones sexuelles (œstrogènes et progestérone) ont une grande influence à ce niveau également. Euh… bonjour les fluctuations en grossesse, post-partum et allaitement!

  • La prolactine, sécrétée en grande quantité pendant l’allaitement, fait chuter la progestérone, ce qui a pour effet de favoriser la prise de poids. Quand même logique que le corps cherche à faire des réserves quand un petit chérubin est accroché à vos seins 24h/24, non?

  • Le stress (surtout chronique avec le cortisol qui l’accompagne) est un autre facteur non négligeable. En devenant maman, on passe nos journées à questionner chaque bruit louche, chaque pleur, chaque petit bouton sur leur joue ou leur popotin. On se transforme en grosse boule d’émotions qui passe son temps à s’inquiéter pour sa progéniture.

  • La santé de la thyroïde est un facteur majeur puisque les hormones thyroïdiennes activent le métabolisme. Cette glande est très sollicitée pendant la grossesse. Même sans diagnostic d’hypothyroïdie, la fonction de cette glande vitale peut être sous-optimale et affecter le portrait pondéral.

  • Le microbiote, c’est de plus en plus connu, a aussi son rôle à jouer dans la prise de poids. Sa composition change pendant la grossesse, et si la femme accouche sous antibiotiques, n’en parlons même pas! Le microbiote peut prendre jusqu’à 2 ans à reprendre son équilibre dans des conditions optimales.

Bref, votre corps a vécu des changements qu’on peut très certainement qualifier d’extrêmes, et vous rajouter du stress pour correspondre rapidement à un standard arbitraire pourrait être contre-productif.

En attendant, je vous invite à apprendre à apprécier vos nouvelles courbes, à les remercier d'avoir contribué à la résilience de votre corps à travers l'exploit monumental de la grossesse, de l'accouchement et de l'approvisionnement de la vie à 3... 4... 5... You know! Les mamas, vous êtes belles, vous êtes fortes et résilientes comme ça se peut pas.


J'ai toujours un nœud dans l'estomac, voire la colère qui monte en moi quand j'entends ou lis des nouvelles mamans, parfois même juste 2 ou 3 mois après avoir accouché, qui cherchent par tous les moyens à perdre du poids. Cette colère n’est absolument pas dirigée contre elles, mais contre cette société de l'image dans laquelle on vit. Cette société patriarcale qui nous dit depuis toutes petites qu'on perd de la valeur à chaque kilo qu'on prend. Ce patriarcat qui nous enseigne la minceur à tout prix, même au détriment de notre santé mentale et physique... Et qui en tire profit au passage. Parce que non, minceur n'égale pas nécessairement santé, comme on veut tellement nous le faire croire! Contrôler ses besoins alimentaires en post-partum et se dépêcher à retourner au gym, c'est d'une violence inouïe envers son corps. Je ne juge aucunement celles qui le font. J'en suis moi-même victime (j'allais écrire couplable) à un certain degré. Mais je pleure les standards sociétaux qui nous ont poussées à croire que nous avons perdu de la valeur parce que notre poids sur la balance a augmenté.


Personnellement, je n'ai jamais eu aussi faim dans ma vie que lorsque j'allaitais. C'est incroyable! Et oui, j'ai pris du poids pendant les 2 ans qu'ont duré mon allaitement, alors que tout le monde me disait que je reviendrais à mon poids initial environ un an après l'accouchement. Bullshit! Tant mieux pour celles pour qui c’est si simple, mais il faut arrêter de véhiculer ce genre de norme qui laisse culpabiliser celles qui vivent la chose autrement. J'ai même dû combattre l'idée que je ne pourrais plus être crédible comme naturopathe si j'étais trop ronde – et je ne peux pas me vanter d’avoir pleinement gagné mon combat; le chemin est long pour défaire ces conditionnements de toute une vie.


Savez-vous quand est-ce que j'ai finalement retrouvé l'énergie et l'envie spontanée de marcher, de faire du vélo, de préparer des bons petits repas équilibrés et naturopathiques... sans me forcer ni me faire violence? À peu près un mois après que fiston ait décidé qu'il ne voulait plus du sein, quelques semaines après son 2e anniversaire. Pour d'autres ça arrive bien avant, pour d'autres encore; bien plus tard voire jamais. Tout cela dépend de tellement de facteurs.

Je vous invite, magnifiques mamans, à être douces avec votre corps, et surtout à lui faire confiance. Si vous sentez que vous devez vous punir, vous faire violence pour perdre du poids sans aucun autre effet que le poids sur la balance, c'est que ce n'est pas le bon moment. Tout simplement.

Ce moment arrivera à des périodes très différentes pour chaque maman. Quoiqu'il en soit, avant 4 voire 6 mois post-partum, c'est très généralement trop tôt pour faire des activités physiques plus exigeantes sur le plancher pelvien et les abdominaux que la marche d'intensité faible à modérée. Si l'énergie est là avant, super! Mais allez-y tout de même très doucement pour ne pas qu'une mauvaise surprise vous attende au premier virage! Vous. Avez. Fabriqué. Un. Enfant. ! ! ! GRÂCE À CE CORPS-LÀ. C'est magique en soi! L'avez-vous remercié, votre corps?


 

Maintenant que tout cela est dit, voici mon approche DOUCEUR en post-partum pour prendre soin de vous et de ce corps parfait que vous avez:


Avant toute chose, je crois que toute personne ayant donné la vie, que ce soit par voie basse ou césarienne, devrait aller rencontrer une physiothérapeute spécialisée dans l'évaluation de la diastase abdominale et du plancher pelvien, et dans leur renforcement. Vaut mieux être certaine que votre plancher pelvien est prêt à reprendre GRADUELLEMENT l'activité physique, sinon faire des exercices ciblés et bien faits (et non pas juste en suivant une application ou un tutoriel Youtube sur les Kegels...). Une physiothérapeute périnéale pourra aussi vous guider au fil du temps à savoir quel type d'activité physique votre corps est prêt à reprendre.


Ensuite, poursuivre l'usage d'une multivitamine prénatale de qualité tant et aussi longtemps que dure l'allaitement (voire au-delà) est fortement suggéré pour ne pas épuiser d’importantes réserves. Si vous n'allaitez pas, maintenez votre multi prénatale tout au long du 4e trimestre (3 mois post-partum). Cela vous permettra de soutenir toutes les voies métaboliques qui ont été hyper sollicitées en grossesse et qui le sont encore en post-partum (allaitement ou non).


Certains aliments et autres suppléments ciblés peuvent s'avérer nécessaires pour soutenir par exemple les surrénales et le système nerveux d'une personne susceptible de vivre une dépression post-partum ou un épuisement parental. On pourrait également vouloir soutenir la thyroïde qui peut partir en vrille pendant la grossesse, le foie et le tractus digestif qui ont été très comprimés pendant plusieurs mois et qui gèrent une foule de changements hormonaux majeurs, etc. ATTENTION toutefois de ne pas vous auto supplémenter si vous n'êtes pas adéquatement formée comme professionnelle de la santé. En tant que naturopathe agréée, je suis là pour ça! 😊 Je pourrai m'assurer que les aliments choisis et les produits suggérés sont compatibles avec l'allaitement le cas échéant, et avec votre condition de santé ou autre médication!


Surtout, tant et aussi longtemps que vous allaitez (voire toute la vie), évitez toute restriction calorique, contrôle alimentaire extrême. Il est connu que ces approches ont un effet rebond quasi systématique pour le commun des mortels. Pour une personne en post-partum et en allaitement, c'est à mon sens dangereux. Votre corps a fourni de ses réserves pour prioriser le développement de votre bébé. Il se peut qu'il soit déjà légèrement ou fortement carencé, et le bébé allaité soutire encore de précieux nutriments via votre lait. Écouter son corps et adopter une alimentation intuitive est de mise ici. Encore une fois, il faut apprendre à faire confiance à l'intelligence de ce corps qui vous a permis d'accueillir la vie, mais qu'on a pratiquement toutes appris à juger/mépriser/détester, en tout ou en partie.


En terminant, je vous dirais de toujours vous interroger : ce que je mange (ou ne mange pas), l'activité physique que je fais...: ce sont des choix que je fais par amour et gratitude profonde et sincère envers mon corps, ou bien par souci de contrôle, voire de punition, par souci de mon image...? Permettez-vous d'accueillir la vraie réponse à cette question, aussi difficile puisse-t-elle être à admettre, et au besoin, ramenez de la douceur, du respect, de l'amour dans votre rapport à votre corps. Traitez votre corps avec toute la même tendresse que vous portez à votre bébé! Il vous le rendra au centuple!


✌️❤️

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